GROTTE DU BEL HOMME

L’Histoire de BARGEMON commence il y a fort longtemps, au NEOLITHIQUE, environ 6000 ans avant notre ère.

La GROTTE du BEL HOMME, située sur un belvédère dans le massif de Blaque-Meyanne, fut certainement la première habitation de nos ancêtres. Celle-ci est aussi appelée « Cafforne de Gratte-Loup » ou « Grotte des Couquins ».

Elle fut explorée en janvier 1939 par MM. Clément MISTRAL, coiffeur du village, et Raoul MISTRAL, Président de la Société d’Archéologie de Marseille, conduits par M. ROINT, berger.

Les fouilles effectuées dans cette grotte, ont mis à jour des poteries, des outils pour la plupart en silex (flèche, lissoir pour la confection de poterie, hache, …), des ossements d’animaux et surtout des restes de squelette humain.

Ces ossements ont été examinés par le Laboratoire de Recherches Anthropologiques de Draguignan et du Var en 2000, et le squelette de notre ancêtre repose désormais au Musée CAMOS.

 

Au sortir de la Préhistoire, les populations s’éloignent des combes et des falaises qui leur servaient d’abris ; ainsi à l’Age du Bronze, les hommes se regroupent et se sédentarisent : de chasseurs, ils deviennent cultivateurs et élèvent des animaux domestiques, ce qui les amène à construire leurs premiers habitats :

l’OPPIDUM, toujours édifié sur une hauteur, mais à proximité des cols ou méplats des avancées des grandes crêtes pour en facilité l’accès. C’est un refuge temporaire qui permet un poste d’observation et d’abriter les récoltes, les troupeaux et le plus précieux de l’outillage. Les postes de guet sont creusés dans la roche sur les points culminants ou dégagés ; ils sont recouverts de charpentes rudimentaires et de feuillages. Ces fortifications sont constituées de murailles construites en pierres sèches, d’une largeur et d’une hauteur égales, d’environ deux à trois mètres ; l’escarpement, l’éloignement, le manque d’eau en empêchaient l’habitat permanent, elles ne servaient qu’en cas de danger. Ces oppida sont aussi appelées « Castellas ou Castellaras ». Leur édification daterait du Vème siècle avant J.C. Beaucoup ont été détruits lors d’expéditions punitives des Romains. Bargemon est entouré de quatre oppida : Sur le mont Piol, au col de Saint-Arnoux, à la Pigue et à Saint-Anne.

Ce n’est que vers 2 000 ans avant J.C. qu’un nouveau type de construction fait son apparition : les CABANES en PIERRES SECHES, appelées « Bories » dans le Vaucluse. De petites dimensions, elles ont un profil hémisphérique, une toiture en encorbellement, pas de fenêtre et une toute petite porte orientée au sud ; les murs ont une épaisseur d’un mètre au moins, l’étanchéité est parfaite et la couverture est formée par des lauzes calcaires méticuleusement enchevêtrées. Bargemon en possède plusieurs, malheureusement pas toujours bien conservées ; nombreuses ont été détruites, mais on peut encore en voir de nos jours sur le plateau de la Colle, à Canjuers, à Favas et à la crête de Beaudron. Ces cabanes se transformèrent au fil du temps par la forme qui devient carrée ou rectangulaire et la couverture en lauze fut remplacée par des tuiles en pâte grossière et mal lissée.

Sur le Piol, les découvertes de déchets de fond de four et de fonte permettent d’affirmer que les hommes, qui vivaient là, exploitaient le fer de la montagne (d’où le nom de « Montferrat »), à partir de forges foraines au charbon de bois.

 

Qui sont les premiers habitants de notre région ? Sans aucun doute, les LIGURES, peuple établi entre Marseille et la Spézia dans le golfe de Gènes, de la côte méditerranéenne aux montagnes des Alpes méridionales ou de l’Apennin. L’historien grec Posidonios, avant le début de notre ère, les décrivait ainsi :

 leur pays est sauvage et aride ; le sol est si pierreux qu’on ne peut rien planter sans se heurter au rocher. Le travail pénible et les privations rendent la vie des Ligures difficile et leur font le corps maigre et sec. Les femmes doivent trimer comme des hommes… Les hommes compensent leur manque de blé par les produits de la chasse. Ils escaladent les montagnes comme des chèvres. 

masque de Dionysos

 

Les recherches archéologiques démontrent que, dès le VIIème  siècle avant J.C., les Etrusques, les Phéniciens, puis les Rhodiens (Hellènes), qui pour se rendre en Ibérie sont obligés de faire du cabotage, ont établi plusieurs points d’amarrage sur la côte ligure. Ces étapes devinrent des comptoirs, liés avec l’arrière pays par des voies terrestres ou fluviales, où s’instaura le troc avec les indigènes qui descendaient même des montagnes avoisinantes, avertis par les fumées que faisaient ces navigateurs, à leur arrivée. Une carte de Provence de Papon nous fait apparaître la voie que devait emprunter nos ancêtres : la rivière l’Inde, actuelle Endre, prenant sa source aux confins de Bargemon, se grossissant de Duech, de l’Adux (Adoux) et se jetant dans l’Argens. Ceci explique la découverte dans notre village de monnaies grecques, ainsi que du masque taillé dans le tuf de Dionysos, trouvé à Couchoire par le Dr Courchet. Il est exposé de nos jours au musée Camos. La légende dit  qu’on le suspendait à un arbre et que l’on dansait autour, lors des fêtes du vin.

 

A leur tour, les invasions romaines laisseront des traces sur notre territoire.
Le consul Caïus Sextius Calvinus, lorsqu’il fonda la ville d’Aquae Sextiae (Aix en Provence), missionna ses officiers pour s’installer dans la contrée située entre Marseille et le fleuve Var, afin de soumettre les populations et les initier aux principales cultures nouvelles : la vigne et l’olivier. Il est probable que l’exposition et la multitude de sources de notre territoire aient attiré ces conquérants.

En 49 avant J.C., Jules César confie à Tibérius Claudius Néro (Néron) le soin de former des colonies dispersées sur toute la Provence ; il fonde sa propre ville Forum Julii (Fréjus). L’aqueduc construit à cette époque, long de près de 40 km, qui alimente cette ville trouve ses sources bien près de notre village, à la source de Neissoun, entre Mons et Fayence.

 

Nous sommes également à peu de distance de la voie romaine qui de Fréjus conduisait à Riez et dont une station « Antéa » ou « Antéis » était probablement située entre Draguignan et Ampus : Il reste des traces d’une voie romaine près de l’entré du camp de Canjuers. Une villa gallo-romaine et des thermes furent découverts à Draguignan dans le quartier de Saint-Hermentaire.

Pour preuve, les découvertes suivantes :

  • 300 médailles à l’effigie des premiers empereurs retrouvées par le curé Reverdit,
  • la collection de monnaies de la famille de Villeneuve,
  • les trois urnes, réalisées en pierre molle, contenant une seconde en verre bleu céleste avec deux anses et son couvert, remplies d’os brûlés, et avec au fond des vases lacrymatoires et des médailles, mises à jour en creusant le bassin du Reclos, au début du XVIIIème siècle. poterie
  • les inscriptions sur des pierres dans notre campagne :

    Fort red tetrico debel – fort red luc k 5

      et

    Colonia yy micalorum suessionum.

  • un pavage romain près de la source de Saint-Etienne, route de Seillans, en creusant pour établir une citerne.
  • A Favas, près de la source à côté de la chapelle, il devait y avoir une construction dont les briques ont servi à bâtir le chœur de la chapelle. Elles ont la même facture que celles du théâtre romain de Fréjus.
  • Ainsi, l’on suppose que Bargemon a certainement connu trois implantations romaines qui étaient des fermes, l’une au fond de la vallée, l’Agros, les Estangs et Camp Julian (Campaoure), l’autre au Reclos et la troisième à Favas, Ville Vieille, Villa Longa.

 

L’histoire de Bargemon vous intéresse, je vous invite à suivre son cheminement dans les prochains numéros de notre revue « LOU BRAM DE L’ARET ».

 

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